L'essence naturelle

Définitions:
Les essences à parfum, appelées encore huiles essentielles ou volatiles, plus spécialement mises à contribution dans la parfumerie (extraits, savons, poudres), grâce à l’odeur suave qu’elles répandent (exemples : essence de rose, de lavande, etc.)
Les essences aromatiques, qui sont surtout tirées des semences et des fruits, et employées pour aromatiser certains aliments et préparer des liqueurs ; telles sont les essences d’anis, d’estragon, de persil, etc.

Huiles essentielles

Parties de la plante utilisées pour l’extraction des essences :
Les essences naturelles existent sous forme de gouttelettes dans les cellules ou les petits vaisseaux de la plante. Ainsi, quand on tient une feuille d’oranger en face du soleil, on distingue de petites taches globuleuses d’essence.
Cependant, toutes les portions du végétal ne sont pas également riches en ces substances, et suivant le cas on ne traite que telle ou telle partie de la plante. Ainsi les fleurs, avec la rose, la violette, le jasmin, etc. ; les feuilles, avec le géranium, l’eucalyptus, les feuilles et les fleurs, avec l’oranger, la menthe, le thym, le romain, l’absinthe, etc ; les fruits, avec l’orange, le citron, le genièvre, etc. ; les graines, avec l’anis, les amandes amères, etc. ; les racines ou les rhizomes, avec l’iris, etc. le bois, avec le cèdre, etc. ; les sucs résineux, avec l’essence de térébenthine, etc.

Lieux de production :
En France, la région de Grasse est le centre de la culture des plantes à essences et de l’industrie des parfums. La première récolte de l’année est celle de la violette, puis viennent la fleur d’oranger, la rose, le géranium, le jasmin, la tubéreuse, la menthe, la cassie, la lavande, etc. Le climat de Provence produit d’ailleurs aussi la marjolaine, l’hysope, le serpolet, la mélisse, le réséda, l’héliotrope, la jonquille, le basilic, l’angélique, la camomille, l’absinthe, etc. Le géranium rosat est exploité en Algérie dans la plaine de la Mitidja La Tunisie exporte des essences de rose, de jasmin, de cassie, la Péninsule des Balkans l’essence de rose, etc. L’Angleterre t les Etats-Unis sont réputés pour la lavande et la menthe, l’Italie pour l’iris et la bergamote, la Sicile pour le citron et l’orange. Nous passerons sous silence comme étant d’origine exotique : le wintergreen (Etats-Unis), le patchouli (Indes), le Kananga (Java), l’ylang-ylang (Philippines et Madagascar), la cannelle (Ceylan, Madagascar), le girofle (Madagascar), le lemon-grass (Indes), le camphre (Japon) ainsi que les essences d’origine animale (qui sont prohibés de nos jours : musc (chevrotin) ambre (cachalot).

Les essences en parfumerie

Usages : L’usage des parfums remonte à la plus haute antiquité. Aujourd’hui ce sont des produits quasi populaires qui « réjouissent le cœur ». On utilise les huiles essentielles en parfumerie, dans la savonnerie, en médecine, dans les arts (pour composer les vernis, dissoudre les couleurs), en confiserie, dans la fabrication des liqueurs (anis, absinthe, angélique), dans la préparation des conserves alimentaires.


Classification des odeurs

On dit que les labiées ont une odeur aromatique, les rosacées t jasminées ont une odeur suave ou fragrante, les géraniacées ont une odeur ambrée ou musquée.
Classification d’après Rimmel :Odeur rosée (rose, géranium)… jasminée (jasmin, muguet, ylang-ylang)… orangée (oranger, acacia, seringat)… tubérosée (tubéreuse, jonquille, jacinthe)… violacée (violette, iris, réséda)… balsamique (héliotrope, vanille, benjoin, fève tonka)… épicée (cannelle, muscade)… cariophyllée (girofle, œillet)… camphrée (romarin, patchouly, camphre)… santalée (santal, cèdre, vétiver)… citrine (citron, bergamote, cédrat)… herbacée (lavande, thym, marjolaine)… menthacée (menthe, sauge, basilic)… anisée (anis, badiane, carvi)… amandée (amandes amères, mirbane, laurier)… musquée (musc, civette)… ambrée (ambre gris, mousse de chêne)… fruitée (poire, coing, ananas).

Les parfums

Les essences sont rarement employées seules (parfois odeur désagréable, forte, acre). En général, il faut diluer les huiles essentielles pour développer leur odeur. On les dissout dans l’alcool (de préférence de l’alcool de vin rectifié, bien que quelques-unes se trouvent mieux de l’alcool de grains). On obtient ainsi un esprit, un alcoolat, un extrait. Les eaux aromatiques, eaux composées, eaux de toilette, eaux distillées, sont préparées par infusion, macération, décoction, distillation ou addition d’essence.
Les mélanges de plusieurs essences donnent des parfums très délicats. C’est là le vrai talent du parfumeur de trouver de nouvelles compositions de produits dilués, où aucune odeur particulière ne domine, et qui, par leur fraicheur, leur suavité leur finesse, la fixité, l’unité de parfum captivent la clientèle. C’est un art que d’analyser olfactivement un parfum proposé, de chercher à en déterminer les composants pour le reconstituer. Enfin, l’on peut par des mélanges savamment étudiés d’essences naturelles imiter l’odeur délicate de certaines plantes qui ne sont pour rien dans ces compositions.

Atomiseur de parfum

Circonstances, causes et facteurs divers qui influent sur la qualité et la quantité des essences dans la plante.
Dans les pays chauds, l’arome est plus accentué, plus puissant, et l’huile essentielle plus abondante. Sous les climats tempérés, le parfum est plus suave, plus fin, plus délicat, mais le rendement moindre.
Dans un même lieu, l’exposition au midi, en coteau, à l’abri des vents dominants, donne, en général, les résultats les plus favorables, surtout pour les végétaux qui croissent spontanément. (Les roses récoltées sur les Balkans sont 50 % plus riches en essence que celles de la plaine)
En ce qui concerne la période végétative, la formation des fleurs et l’accomplissement de leurs fonctions (fécondation et fructification) entrainent un déperdition des produits odorants. Dans une expérience avec le basilic, la suppression des inflorescences a produit une augmentation de 39% sur le poids normal de la plante et de 82% sur celle de l’essence. Le gain réalisé aux dépens du reste du végétal est plus actif quand la fleur est en plein développement. Dans la pratique, on doit cueillir les fleurs entièrement épanouies, mais non flétries ; les feuilles et les tiges quand les fleurs sont sur le point de s’ouvrir ; les fruits au moment de la maturité ; les racines à la fin du printemps.

En général, le parfum s’exhale surtout quand le soleil brille ou au moins dans la journée. Le meilleur moment pour apprécier l’odeur dune plante c’est le soir après le coucher du soleil, celui de la cueillette le matin après le départ de la rosée. Il y a des exceptions : l’œillet ne livre son parfum que si on le récolte deux ou trois heures après avoir été insolé, la cassie n’a pas la même suavité le matin, le soir ou au milieu du jour, le jasmin doit être cueilli quelques minutes après la première insolation , la rose demande à être coupée le matin dès qu’elle est bien ouverte.

Les fleurs épanouies lavées par la pluie ont leur arome altéré. Chez certaines plantes, comme le jasmin, on les supprime pour faire développer les boutons voisins.
Le maximum e rendement est obtenu avec les fleurs le plus fraiches possible, et le parfum a alors toute sa délicatesse et toute sa suavité. Le traitement doit se faire immédiatement après la récolte. Exception : la lavande. Avant la distillation, la récolte doit subir un temps de séchage afin de perdre l'excès d'eau. Un préfanage d'environ un ou deux jours est indispensable pour la lavande fine : il évite de modifier la qualité d'huile essentielle.
En résumé, la cueillette est une opération délicate : pour chaque plante, pour ainsi dire, l’expérience est, seule, le guide le plus sûr qui permette d’apprécier le meilleur moment de la journée et le degré d’épanouissement des fleurs le plus favorable. Si l’on ajoute à cela le mode de culture, la nature du terrain, l’exposition, le climat, l’état de l’atmosphère, la méthode d’extraction, on comprend que la fraicheur, la délicatesse, la suavité de l’arome du produit définitif obtenu avec une même espèce de plante puisse différer du tout au tout. Il y a ici un tour de main particulier que la pratique seule peut faire acquérir.