Avant les grands progrès du 18ème siècle, dans la région de la Gascogne on utilise encore l’alambic charentais pour distiller du vin. Jusqu’à ce qu’Antoine de Melet, un cadet de Gascogne, retour de l’armée, apprenne qu’à Montpellier, un chimiste, Edouard Adam obtient de l’eau-de-vie en une seule chauffe. Pour cela, il fait passer les vapeurs d’alcool dans du vin, avant qu’elles n’atteignent le serpentin pour s’y condenser. Antoine de Melet qui par ce temps-là était le meilleur distillateur de la région adopte aussitôt le nouveau système. Il le perfectionne encore en installant un dispositif permettant l’alimentation continue en vin, et ainsi l’alambic à distillation continue est né. Gaston Verdier, un vigneron de Montguilhem (Gers) lui apporte bientôt ses derniers perfectionnements.
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D’abord, on chauffe le vin dans la chaudière. Quand la vapeur s’élève et arrive dans le serpentin elle réchauffe le vin arrivant dans la cucurbite. Ce vin donc sert de réfrigérant. Il passe par une sorte d’entonnoir à long tuyau qui le conduit au bas du chauffe-vin. Là, il se réchauffe peu à peu au contact du serpentin où circule la vapeur. La vapeur descende, de moins en moins chaude, tandis que le vin suit, de lui-même, le chemin inverse, ascendant, qui le conduira, vers la partie supérieure du chauffe-vin, au passage vers la colonne à plateaux. Le vin est alors à une température proche de 80 °C. Dans la colonne à plateaux, située au-dessus de la chaudière, la température est plus élevée (100°C environ) Les éléments volatils du vin ont vite fait de rebrousser chemin, en passant par le vin qui, sans arrêt, arrive au chauffe-vin. Ils se chargent au passage de toutes sortes de parfums. Les vapeurs redescendent par le serpentin, cèdent leur chaleur au vin qui arrive, se refroidissent, redeviennent liquides. L’armagnac va bientôt s’écouler au bas du chauffe-vin par une sortie spéciale. Ici il s’agit du cœur de la chauffe. La tête et la queue sont éliminées par différents dispositifs au long de la distillation (p.e. la chambre de réception des vapeurs lourdes placée au sommet de la colonne). L’alambic armagnacais ne s’arrête pas et il faut être surveillé jour et nuit.
Depuis 1972, l’alambic charentais a réapparu au pays de l’armagnac. Ceux qui l’utilisent, distillent à deux chauffes, comme en Charente. Cependant la plupart des distillateurs du Bas Armagnac sont restés fidèles à leur alambic à distillation continue.
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